Le 23 mars 2021, le comité du R3 a proposé une rencontre virtuelle autour de ce magnifique binôme « Repentance et Résistance ». Comme le menu était copieux, nous avons estimé judicieux de mettre à votre disposition les contributions écrites de la plupart des intervenants.

Gérard Pella :

Le 9 décembre 2020, dans une rencontre du R3 par zoom, nous avons pris conscience de l’importance de la repentance et cherché à comprendre ce que cet appel signifiait et impliquait pour nous.

Cette soirée a introduit 10 jours de prière pour vivre de manière particulière ce mouvement de retour au Seigneur. Je dis « de manière particulière » parce que ce mouvement de retour vers notre Père est à renouveler constamment.

Nous avons commencé à comprendre que la repentance biblique n’est pas centrée sur nos péchés, nos tiédeurs, nos remords. Elle est centrée sur Dieu.

Elle est réponse à la Parole de Dieu. 

C’est ce que confirme le texte de 1 Pierre 5 qui nous guidera ce soir :

5Dieu résiste aux orgueilleux, Mais il donne sa grâce aux humbles.

6Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu, afin qu’il vous élève en temps voulu. 

Nous humilier, ce n’est pas nous dévaloriser, nous aplatir.

C’est reconnaître notre juste place de créature, d’humain sous la puissante main de Dieu, qui n’est pas un tyran. Il se présente – dans ce même passage de 1 Pierre 5 –  comme le Dieu de toute grâce, qui prend soin de nous.

Dans notre chemin de repentance du mois de décembre a retenti très clairement l’appel à retourner à Dieu de manière désintéressée,

L’appel à revenir à Dieu pour qui Il est et non pour ce qu’Il fait ou devrait faire.

Je vous propose donc 10 minutes de silence pour nous tourner vers le Dieu de Jésus-Christ, pour LUI seul, par amour pour LUI, et non pour obtenir ses bénédictions ou ses inspirations.

Elles sont bien nécessaires, ses bénédictions, mais elles sont données « en plus » à ceux et celles qui recherchent en priorité son Royaume.

Je suis conscient que ce n’est pas évident de commencer cette soirée par 10 minutes de silence. J’ai longuement hésité à vous le proposer… mais je crois que cela va nous permettre de nous positionner de la juste manière :

centrés sur Dieu, en résistance à l’activisme et à l’autonomie qui caractérisent notre humanité rebelle.

S I L E N C E

Le comité du R3 a pris au sérieux un second appel, complémentaire : l’appel à la résistance !

Notez Bien : la repentance est déjà une forme de résistance à la pensée dominante. C’est une autre façon de voir, de penser, de se positionner…

Repentance et Résistance, deux mots qui résonnent bien ensemble…

Deux réalités qui se retrouvent dans le même chapitre 5 de la première épître de Pierre. Nous avons lu les versets 5 et 6 tout à l’heure. Reprenons maintenant de 5 à 11 :

5Dieu résiste aux orgueilleux, Mais il donne sa grâce aux humbles.

6Humiliez-vous donc sous la puissante main de Dieu, afin qu’il vous élève en temps voulu. 7Déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, 

car il prend soin de vous.

8Soyez sobres. Veillez ! Votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui dévorer ; 9résistez-lui, fermes en la foi, et sachant que les mêmes souffrances sont imposées à vos frères dans le monde.

10Le Dieu de toute grâce, qui, en Christ, vous a appelés à sa gloire éternelle, après que vous aurez souffert un peu de temps, vous formera lui-même, vous affermira, vous fortifiera, vous rendra inébranlables. 11A lui la puissance aux siècles des siècles ! Amen !

Retenons juste 3 perles de ce magnifique collier :

  1. Nous sommes appelés, aujourd’hui comme au 1er siècle, à résister…

… non pas aux autorités (sanitaires ou romaines)

… non pas au virus…

… non pas aux réseaux sociaux ou aux faiseurs d’opinion,

mais au diable lui-même, qui peut se servir de toutes ces réalités pour dévorer… c’est-à-dire nous couper de Dieu.

2. La principale façon de résister, c’est de « demeurer fermes dans la foi ».

Comme l’exprimait Cathy Grobéty, membre elle aussi du comité du R3, résister, c’est avant tout « demeurer en Christ » et « revêtir Christ »

3. L’issue de la crise est certaine et pleine d’espérance :

Le Dieu de toute grâce, qui, en Christ, vous a appelés à sa gloire éternelle, après que vous aurez souffert un peu de temps, vous formera lui-même, vous affermira, vous fortifiera, vous rendra inébranlables. 11A lui la puissance aux siècles des siècles ! Amen !

Avec le comité du R3, il nous semble discerner que Dieu appelle ses enfants à former des « poches de résistance ».

Cette image de « poches de résistance » nous fait penser à une dimension communautaire : des groupes, des paroisses, des réseaux qui résistent à l’esprit du temps, à ses dérives, à ses illusions comme à ses désespoirs.

Un bel exemple de poche de résistance me semble être la Haute Ecole de Théologie, qui cherche à penser et à vivre autrement qu’une théologie critique et anthropocentrique.

Nos groupes et nos paroisses ne sont pas que des lieux de célébration et de socialisation. Aujourd’hui comme hier mais peut-être encore plus qu’hier –

nous avons à former des poches de résistance à la mentalité dominante.

Nous avons demandé à plusieurs personnes dont nous reconnaissons la valeur de nous aider à clarifier cette notion de résistance à partir de leur point de vue et de leur expérience de vie. 

Voici leurs contributions :

Hetty Overeem :

Repentance et résistance … pour moi les deux vont de pair. Dans le sens que la repentance, c’est revenir à Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, pour qui il EST  –  et la résistance, c’est résister à toute illusion sur Dieu qui nous empêche de revenir à Lui pour qui il est.

Donc, avoir ce seul but et vision en tête : Revenir à Jésus. Revenir à Jésus. Revenir à Jésus. Et résister à tout ce qui veut nous freiner, stopper.

Mais comment, concrètement ?

Concrètement : résister à l’illusion de la toute-puissance humaine, des revendications de l’humanisme, d’un Dieu-« bonus » qui viendrait après nos autres priorités, d’un dieu fait à notre image.

Résister à l’illusion que Dieu veut d’abord et surtout des actions, du faire, de l’efficacité, de la productivité et de la visibilité. 

Résister à l’illusion qu’on n’a pas besoin de chercher Dieu, car on aurait déjà tout trouvé sur lui ; il est acquis pour ainsi dire.

Résister à l’illusion qu’on n’a pas besoin d’aimer Dieu pour lui-même, il suffit d’aimer notre prochain et ainsi on aime automatiquement Dieu.

Résister à l’illusion qu’il n’y a pas de Vérité, ni sur Dieu ni sur nous et le monde, que chacun a sa vérité et que, donc, on ne peut pas vraiment parler de l’identité de Dieu, et que ça n’a pas de sens de le chercher.  

Résister à l’illusion que Dieu est flou, pas une réelle réalité.

Et enfin, résister à l’illusion que Jésus est un bon être humain, et que l’Evangile est de le suivre comme modèle, de l’imiter et de s’en laisser inspirer pour notre spiritualité.

Ainsi, la résistance à l’illusion est en elle-même repentance ! Ou bien, la repentance est en elle-même résistance ! Car en renversant les critères de l’illusion de l’adversaire, ça devient la Vérité selon Dieu. Et qu’est-ce que ça donne ?

1) Non, l’humain n’est pas tout-puissant. Il dépend de Dieu, alors il est appelé à vivre la dépendance totale de lui, pour vraiment devenir l’humain selon le désir de Dieu  –  par le Christ habitant en lui et le transformant, j’y reviens. Il EST, et alors veut être connu et reconnu comme Dieu BERGER.

2) Non, l’humanisme n’est pas une option. Il réduit le concept de « bon » à l’humain et ses critères, et cette bonté-là ne correspond pas à la volonté de Dieu. Dieu n’est pas le prolongement de l’être humain et ses critères, et c’est peut-être le moment d’arrêter des prédications qui vont dans ce sens : « Soyez bons, solidaires, empathiques… »  Un collègue m’a confié qu’il avait été dans 37 Églises, avait écouté 37 prédications, et que les messages pouvaient être résumés dans ceci : « Allow me to suggest that you be good. » (Permettez-vous de vous suggérer d’être bon). La théologie, elle aussi, pourrait vivre, si elle arrêtait de se soumettre aux critères humanistes. Dieu EST, et alors il veut être connu et reconnu comme SOUVERAIN.

3) Non, Dieu ne vient pas après quelque chose ou quelqu’un, il n’est pas un bonus sympa. Il est la toute première priorité. A aimer et alors aussi à obéir avant tout. (Attention juste au mot « obéir », qui doit sortir des associations de « il faut, il faudrait, il aurait fallu », et revenir à la libre obéissance de Jésus, par Amour pour son Père, justement parce qu’il le connaissait ! Dieu EST, et alors il veut être connu et reconnu comme LE SEUL, L’UNIQUE.

4) Non, Dieu n’est pas à notre image, il ne correspond pas à nos critères et ça peut faire très mal. Esaïe 55, 8 : « Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos chemins ne sont pas les  miens. » Il agit selon son plan, dont, nous dit Jésus, on peut avoir confiance qu’il est bon. Il est celui qui prend l’initiative et nous demande d’entrer dans sa dynamique. Il EST, et alors il veut être connu et reconnu comme le DIEU TRES HAUT.

5) Non, Dieu ne veut pas d’abord notre faire, nos actions, notre efficacité, notre productivité et notre visibilité. C’est nous qui voulons ça ! Parce que là, au moins, il y a quelque chose à voir, donc cela nous justifie. Non, Dieu veut qu’on SOIT. Avec lui, ensemble, donc en vérité. Pour lui. Pour lui seul. En ne produisant dans un premier temps rien du tout. Et, dans une même logique, Dieu veut, je pense, qu’on arrête de lui demander dans un premier temps des CHOSES, aussi belles qu’elles soient, même s’il s’agit de très belles perles, pour utiliser cette image dans l’Evangile de Matthieu. Des perles comme la guérison, la libération, mais aussi comme le discernement, la sanctification, et même la foi. Parce que tout ça peut devenir des CHOSES, indépendantes, autonomes, existant et voulues pour elles-mêmes, plus que Dieu lui-même. A ce moment-là elles remplacent Dieu et deviennent des idoles. Dieu veut qu’on cherche LA Perle, la plus grande, la plus belle, qui fait pâlir toutes les autres, à savoir : Lui-Même, dans tout son être, et alors aussi ce qu’il fait, ce qu’il donne, ce qu’il dit. Dieu dans toute sa Réalité  –  le Royaume, donc ! Dieu EST, et alors il veut être connu, et reconnu, comme LA PERLE, pour laquelle on peut joyeusement laisser tomber toutes les autres.

6) Non, on n’a pas encore trouvé toutes les richesses de la Personnalité de Dieu !Il n’est pas acquis, comme si on n’avait plus besoin de le chercher. Non, c’est l’Esprit de Jésus qui, durant toute notre vie, va nous guider vers la pleine vérité (Jean 16, 13) sur ce Dieu Père, Fils et Saint-Esprit, qui il est et ce qu’il veut. Et vers la pleine vérité sur nous, et le plan de Dieu pour ce monde, qu’il veut réaliser à travers nous, afin que son Règne vienne. Dieu EST, et alors il veut être connu, et reconnu, comme le DIEU QUI SE LAISSE CHERCHER … ET TROUVER ! (Esaïe 65, 1-2 p.ex.)

7) Non, il ne suffit pas d’aimer son prochain, et on n’aime pas automatiquement Dieu en aimant son prochain. Il y a bien DEUX commandements, le premier étant : « Aimez le SEIGNEUR ! », et là-dedans, comme fruit venant de cette vigne, il y aura aussi un amour nouveau pour notre prochain, et pour nous-mêmes. Dieu est, et alors il veut être connu, et reconnu, comme DIEU-AIMANT JALOUX, comme les prophètes, surtout Osée, l’ont décrit. 

8) Non, Jésus n’est pas l’homme bon, le modèle à imiter, qui inspirerait si bien nos expériences spirituelles. Il est le seul chemin, la seule vérité et la seule vie, le seul Sauveur, que Dieu a envoyé et veut envoyer maintenant même dans notre cœur. Pour nous habiter et nous transformer vers l’être nouveau que NOUS serons, avec lui, en lui : cette nouvelle « race » des humains selon l’ordre de Melchisédek (Genèse 17, Hébreux 7). Dieu EST, et alors il veut être connu, et reconnu, comme le DIEU QUI FAIT TOUTE CHOSE NOUVELLE. Jésus, le Fils de Dieu, est l’EPOUX et se réjouit de cette union, enfin, avec nous comme son EPOUSE (Apocalypse 21 et 22).

9) Non, c’est le mensonge qui dit qu’il n’y a pas de vérité, et qui exige, quand il dit ça, d’être justement… la Vérité ! Et non, on ne peut pas dire sur Dieu tout ce qu’on veut et le contraire. Oui, on le peut, bien sûr, mais alors on est dans l’illusion ! Et, non, ce désir bizarre de l’EERV de chercher à tout prix une fausse unité, qui ne rassemble pas autour du Christ tel qu’il est, mais autour de toutes les interprétations, les « couleurs », qui existent sur lui et qui, toutes, se valent. Comme si Dieu était le dénominateur commun de nos couleurs, de nos croyances. C’est l’abus de Dieu, ça !

(Dans ce sens j’ai révoqué et annulé cette partie de la promesse de consécration qui dit qu’il faut chercher ce qui rassemble plus que ce qui divise. Je comprends le but de cette formulation mais elle n’est pas biblique. Jésus n’a pas parlé ni agi dans ce sens. Avec lui, nous sommes appelés ensemble à chercher, et nous rapprocher de, la vérité sur Dieu, en l’implorant de se révéler lui-même, encore et encore. Dieu EST, et alors il veut être connu, et reconnu, comme le DIEU DE VERITE.

10) Non, Dieu n’est pas flou. C’est la soi-disant toute-puissance de l’humain qui le rend flou pour cet humain. (Et les gens que je rencontre au Flon et à la prison me montrent qu’il y a un réel changement : les gens perdent leurs repères, ils perdent leur sens de la réalité, tout devient un peu fictif, eux-mêmes inclus. C’est terrible…) Non, Dieu est LA Réalité absolue lui-même. Et justement, tout ce qui ne vient pas de lui est … illusion ! Vient de l’illusion, marche selon l’illusion et aboutit à l’illusion. Dieu est totalement, librement et joyeusement lui-même. Il EST, et alors il veut être connu, et reconnu, comme le DIEU SAINT.

Ainsi, pour résumer, je pense que des poches de résistance, si elles veulent vraiment résister, ont tout simplement la vocation de revenir, encore et encore, à Jésus-Christ, le seul à pouvoir nous dire par son Esprit, qui est ce Dieu. Le seul à pouvoir l’écrire lui-même dans notre cœur. Le seul à pouvoir et vouloir nous transformer, lentement mais sûrement, concrètement, vers lui-même.

Et, en ce qui me concerne, je pense qu’un moyen fantastique pour apprendre cette repentance/résistance, c’est le dialogue avec Dieu comme on le pratique dans Evangile En Chemin , en 4 parties : 

1)Prendre d’abord un temps pour accueillir Dieu dans le silence : « Sois le bienvenu, installe-toi en nous, prends ta place ! Nous sommes heureux et honorées de ta présence que tu nous as promise. Sois là, sois toi, sois tout-toi  –  à nos risques et périls ! »

2)Prendre ensuite un temps pour écouter Dieu dans le silence : « Seigneur, parle-nous de ce que toi, tu veux, le désir de ton cœur pour cette personne ou pour moi, pour ce projet, pour ce problème, pour cette vie et cette situation concrète ? Parle, Seigneur, tes serviteurs écoutent ! »

3)Partager : est-ce que Dieu a mis quelque chose sur le cœur de quelqu’un ? Osons parler de ce qu’on a peut-être reçu, osons sortir de ce que nous pensons de toute façon déjà, osons sortir du politiquement correct, et osons nous tromper ! C’est ok ! Ce n’est pas parce qu’on est dispo et de bonne volonté qu’on va entendre Dieu à 100 %. Il n’y avait que Jésus, je pense, pour qui c’était constamment le cas. Et même pour lui ce n’était pas facile : après 40 jours de jeûne et de prière, il était super disponible et qui c’est qui se pointe ? Satan avec ses illusions ! – Mais, par la grâce du Seigneur, avec l’aide de son Saint-Esprit, nous pouvons apprendre à écouter, peser, trier, discerner, laisser confirmer ou contredire par les autres. Comme un jeu de ballon, au fond !

4)Et enfin, prier. Prier avec ce qu’on a reçu, partagé, et dire aussi nos désirs, nos faims et soifs, pour l’autre comme pour nous-mêmes.

Donc : Accueillir Dieu « gratuitement », pour ainsi dire  –  l’écouter  –  partager entre nous  –  et prier. Résister à l’illusion qui se répand sur notre terre avec une rapidité effrayante. Se repentir en ne se faisant pas piéger par l’illusion et en revenant fermement, jour après jour, à Dieu tel qu’il s’est fait connaître.

N.B. : Hetty avait préparé le texte ci-dessus mais – pour diverses raisons – elle a improvisé une autre intervention, plus courte.

Shafique Keshavjee :

Shafique nous a parlé de l’importance de deux réalités souvent oubliées : le sabbat et la sainteté de Dieu, qui s’expriment de manière saisissante dans cet appel du Psaume 46 : « Arrêtez ! (Sabbat) et sachez que je suis Dieu ! (Sainteté) v. 11.

Guy Chautems :

Depuis la dernière rencontre du R3, en décembre 2020, notre Equipe de prière et de discernement s’est retrouvée six fois (en petit et en grand  groupe) pour rédiger la Version 1 d’un message. Il s’articule autour de la question suivante : « Devant les développements actuels, mis en évidence par la pandémie universelle qui se prolonge, quel est le message que les Églises sont invitées à transmettre aux chrétiens ? »

Nous avons élaboré nos réflexions autour de la question : « Comment entrer dans le temps nouveau « de la fin ? » Ce texte comporte trois points :

1.- Discerner les signes des temps 

Cette pandémie a mis en évidence nos fragilités : celle de notre condition humaine comme celle de la création (climat et biodiversité) ; celle de nos sociétés (conflits de toutes sortes) comme celle de nos économies.

2.- Rester proches des gens et du Christ

Les media nous ont reproché notre silence, nous nous devons de le rompre car Dieu nous a donné sa Parole et nous avons à la transmettre de manière claire. Cette Parole nous appelle à la repentance !  N’avons-nous pas trop parlé de la grâce en oubliant les exigences de Dieu ?

Nous voulons rester proches des gens et, dans le même temps, centrer toute notre attention sur le Christ « assis à la droite du Père. » La radicalité des enjeux actuels nous place à une croisée de chemin avec une question : « A quel Royaume et à quel Roi voulons-nous appartenir ? »  

A un Royaume qui a le vent en poupe, en termes de nombre d’adhérents, celui du Dragon agissant au travers de la Bête (Ap.13), ou au Royaume de ceux qui ont reçu le sceau de l’Agneau en refusant la marque de la Bête au péril de leur sécurité et de leur liberté. 

3.- Emprunter des chemins nouveaux

Nous appelons chacun à se tourner vers le Christ ressuscité, qui trace les chemins de la repentance et de la confiance sur les trois plans de nos décisions : personnelles, ecclésiales et sociétales.

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Après avoir présenté la version 1 de notre document à notre équipe, Tom Bloomer et Pierre Amey nous ont engagés à apporter un message plus solennel (un message choc !) et à ne pas négliger la prophétie donnée en 2019, lors du rassemblement  Discerner les temps, appelant chacun à se tourner vers Dieu ! Voici l’avertissement que Tom adressait alors aux Eglises :

Notre monde va au-devant d’un jugement, d’un ébranlement profond. Nous allons connaitre une crise économique importante dans les mois à venir. Et cette fois, la Suisse elle-même ne sera pas épargnée. Prions que Sa grâce nous garde et nous soutienne.

Une année plus tard, suite àla demande insistante des organisateurs du même séminaire, voici ce que Tom a ajouté avec humilité :  

Cette crise économique mondiale sera peut-être aussi grave que celle de 1929. Elle va provoquer des faillites, la criminalité va augmenter et des famines pourraient survenir. Cette crise pourrait durer 7 ans (vaches maigres. Cf. Joseph, Exode). Alors soyons sages et faisons des réserves ! Et il a ajouté :  Ce temps pourrait être raccourci par la repentance et l’intercession : 2 Chroniques 7.14 « Si mon peuple, celui qui porte mon nom, s’humilie, prie et me cherche et s’il renonce à ses mauvaises voies, je l’écouterai du haut du ciel, je lui pardonnerai son péché et je guérirai son pays. » 

Lors de notre rencontre du 19 mars 2021, nous avons interrogé Tom sur ces sept années de vaches maigres ! Voici sa réponse : « Cette conviction est venue progressivement. L’été 2020, j’ai fait une expérience similaire à celle décrite par Paul à Athènes, lorsqu’il parle de son irritation charnelle devant l’argumentation des Athéniens. De nombreuses personnes affirmant que tout s’arrangerait bien vite, sans un retour à Dieu, mon irritation a grandi et l’appel à la repentance du Seigneur est devenu de plus en plus clair. Par la suite, les analyses de nombreux spécialistes ont confirmé la justesse de mon écoute. »

Quant au message de Pierre, voici en résumé  ce qu’il a partagé: « Notre situation est semblable à celle du temps de Jérémie le prophète. L’Eternel en avait assez de la religiosité idolâtre. Alors Jérémie a parlé :  Votre monde va changer, je vais déporter la jeunesse à Babylone, mettre fin aux institutions civiles et religieuses corrompues. Je vais anéantir votre temple rempli d’idoles et détruire vos murailles sécuritaires. Ne pouvant croire cela, rois, prêtres, prophètes et peuple ont jeté Jérémie dans une citerne. Persuadés que Dieu ne leur ferait jamais ça, ils ne pouvaient recevoir des paroles encore plus insensées du prophète :  A Babylone, construisez, cultivez et enfantez (Jérémie 29.5,7). Pire encore ! Jérémie a versé de l’huile sur le feu de la révolte populaire en déclarant : Le tyran et envahisseur Nebucadnetsar est le serviteur de Dieu pour amener le peuple à la repentance (Jr 27.6). »

Pierre Amey a résumé son exhortation ainsi : Oui, la Covid déporte notre monde. Alors, peuple de Dieu, repens-toi et lève-toi. Construis, cultive, enfante, proclame et vis l’Évangile.

Note : Pour visionner les prédications données par Tom et Pierre au CET Tavannes, se rendre sur le site: https://www.cet.ch/messages-youtube/ 

  • la prédication de Tom se trouve sous le 27.09.2020
  • la prédication de Pierre sous le 25.10.2020.

Françoise Perrin :

Françoise nous a parlé de Prière pour la Suisse et – en particulier – de la Muraille de Prière : chaque jour, un canton prend le relais du canton précédent dans une chaîne de prière continuelle. Voir https://www.gebet.ch/fr/priere/muraille-de-prieres/

Philippe Rochat :

Etre une poche de résistance

Par rapport à cette notion de poche de résistance, j’ai à cœur de partager avec vous un témoignage de vie. C’est un témoignage sur une période de 30 ans, vécue en couple et en partie avec nos enfants avant qu’ils ne partent pour être des témoins là où ils se sont établis. L’histoire se déroule dans notre village d’Echichens, là où nous vivons, là où nous rencontrons jour après jour, par la force des choses et naturellement, d’autres personnes du village. Et je peux dire maintenant avec assurance là où Dieu nous veut. Ce témoignage est donc à Sa gloire.

Il y a maintenant plus de 30 ans qu’un couple du village, Philippe et Meya Corthay, ont mis en route quelque chose qui n’était pas clair pour moi à l’époque : nous rencontrer au domicile des uns et des autres pour louer Dieu, pour prier les uns pour les autres, pour prier pour le village, la région et les autorités, tant civiles qu’ecclésiales. Avec également des temps de repentance.  

Leur désir était – et il est toujours ! – d’apprendre à se mettre à l’écoute de Dieu avant de prier, ainsi que de nous encourager à devenir « des anciens aux portes de la ville ». 

Dans le cadre de ce groupe, nous avons aussi beaucoup investi pour approfondir des thèmes, tel que celui de l’argent par exemple. Apprendre à réaliser quelle est la puissance spirituelle qui nous empêche d’entrer dans la liberté par rapport à la dîme, par exemple, puissance qui nous dit et nous redit que nous allons manquer de ce dont nous avons besoin  et qui nous pousse à engranger. 

Durant ces rencontres et au fil des années, nous avons  réalisé combien l’Eglise Réformée,  pour rester populaire, a laissé pénétrer l’esprit du monde en son sein. Nous avons pu constater que peu à peu croissait la confusion entre le péché et le pécheur et, par-dessus tout, que l’Ecriture Sainte était transformée. Cela a amené bien des souffrances, des divisions. Cependant, ceci a aussi eu un côté positif, car cela nous a unis comme chrétiens du village. Et dans une certaine mesure cela nous a conduits à devenir une poche de résistance. Par la prière.

En parallèle de ce groupe de prière « général » (qui réunit des chrétiens de différentes communautés), un groupe d’hommes et un groupe de dames, toute appartenance communautaire confondue, se sont également mis en place. Plus de 30 ans déjà… Et cela continue. Que de moments de joie ! De libérations ! Mais aussi que de patience nécessaire pour voir se réaliser certains projets… ou pour continuer à espérer ! Là aussi, il y a une notion de résistance : contre le doute, le découragement, la division, ou – pire encore – la recherche de victoires pour son propre compte.

Il y a 4 ans environ, nous avons reçu, nous semble-t-il, une nouvelle mission : celle de créer un réseau avec TOUS les chrétiens de la  Commune. A l’image des clubs de foot de notre pays, qui parfois renoncent à leurs maillot local pour revêtir le maillot national, et ont à jouer ensemble, sous le même maillot, pour « marquer des buts » ensemble. Ce réseau, que nous appelons Echichens.Connexion, s’est donné la charte suivante :

ConneXion est un réseau multiconfessionnel de chrétiens souhaitant concrétiser leur amour pour le prochain en créant des opportunités de nouer des contacts avec les habitants du village par le biais d’aides diverses, d’ateliers thématiques et d’évènements conviviaux ; par leur exemple, ils rayonnent la vie chrétienne au quotidien et sont en mesure de proposer des moyens d’information et de formation. 

Ainsi, tout membre de Connexion, environ une cinquantaine de personnes, peut à tout moment au moyen d’un protocole de communication défini :

  • Informer les autres membres d’un événement villageois à faire connaître 
  • Exprimer un besoin pour lui-même ou un voisin
  • Présenter un projet pour le village et exprimer une demande de ressources nécessaires (spirituelles, pratiques, financières,…)

Les autorités communales ont été mises au courant de cette association Connexion et nous avons été encouragés.

Le dernier projet mis en route a été un encouragement exprimé aux résidents et aux collaborateurs du home pour personnes âgées d’Echichens. Ce sont plus de 170 petits cornets de « biscuits faits maison » qui ont été confectionnés à l’intention des pensionnaires du home, chacun accompagné d’un message d’espérance et une offre de contact. Et plus de 130 litres de jus de pomme en provenance d’une ferme locale ont été mis à disposition du personnel pour les temps de pause. Là aussi avec un message de remerciement et d’espérance.

Le défi est grand de nous unir entre chrétiens sans vouloir faire croire que nous souhaitons créer une nouvelle communauté. Il faut apprendre en même temps à réaliser que la moisson est grande en dehors de l’Eglise (puisque l’Eglise n’est pas un but en soi) et savoir toutefois rester engagé dans notre communauté afin d’être nourri, envoyé et béni (pour celles et ceux qui font partie d’une communauté où cela se passe). 

Nous vivons également depuis plus de 5 ans des rencontres mensuelles de témoignages et de louange dans le bâtiment de l’église d’Echichens, rencontres qui se terminent par une agape. 

Maintenant, nous pensons que nous pouvons entrer dans une nouvelle étape afin de rejoindre les personnes qui ne fréquentent aucune communauté chrétienne. Nous croyons que Dieu nous ouvre une porte au travers de liens créés avec le gérant du restaurant du village, ainsi qu’avec son épouse. Nous désirons bien sûr soutenir son entreprise (dès que possible, selon l’évolution des conditions sanitaires) et en même temps offrir un cadre neutre comme lieu de rencontre aux personnes que nous inviterons. Le projet a été bien accueilli par le gérant. Ce n’est donc plus qu’une question de temps pour mettre en route cette prochaine phase.

Nous constatons que la situation actuelle est aussi favorable pour nous approcher de notre prochain et créer de nouveaux contacts. Il y a comme une vulnérabilité apparente, souvent même prononcée par les personnes que nous rencontrons. Ceci nous encourage pour le projet « restaurant ». 

Dans mon quartier, nous avons aussi commencé un groupe d’étude de l’Evangile de Marc (avec le manuel Evangile à la Maison). Toujours dans le quartier, une personne a « tout à coup » demandé le baptême. Il s’agit d’une personne avec laquelle nous étions en relation « éloignée » depuis plusieurs années, mais qui soudain a décidé de rejoindre nos rencontres des dimanches soirs. 

Dernièrement encore, une personne de l’administration communale m’a téléphoné pour que nous apportions de l’aide à une personne dans l’embarras à cause du Covid. 

Ainsi, nous réalisons peu à peu que les prières commencées il y a plus de 30 ans ouvrent des portes, espérées, et souvent de manière inattendue. 

30 ans, pour un être humain, c’est long. Mais c’est une  affaire de patience qui est possible, parce que nous savons que la Victoire est déjà remportée.  Paul aux Romains dit ceci : que par Jésus Christ, nous sommes maintenant établis dans la grâce de Dieu, avec la perspective d’avoir part à la gloire de Dieu. Finalement, je crois que ce n’est pas seulement une affaire de patience. Il s’agit également demander la capacité à résister à toutes formes d’attaques, actives ou passives, évidentes ou sournoises, du monde visible ou invisible.

J’ai essayé de définir, pour moi, les caractéristiques principales du résistant :

  • Je dois résister à l’indépendance vis-à-vis du Père, indépendance qui se crée bien souvent subtilement au travers des événements de vie, ou encore au travers de ce que je considère comme des réussites.
  • Je dois résister au genre de dépendance au Père où je le vois uniquement pour ce qu’il peut m’apporter au lieu de L’aimer pour qui Il est, pour Lui-même.

La Victoire a été remportée. Encourageons-nous à en être les porteurs, surtout dans les courants contraires. Pour Sa gloire. Ainsi soit-il !

* * *

Les contributions spontanées des participants nous ont également beaucoup réjouis. Cette rencontre virtuelle a permis à des participants d’autres cantons et d’autres mouvements (Attestants, Ancre, Unio Reformata) de participer. Nous bénissons le Seigneur !

Mars 2021

Repentance et Résistance
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