anastasis

Par Martin Hoegger  

Croire en la résurrection ne va pas de soi. Surtout dans notre société imprégnée d’une pensée scientifique.  « Comme votre cœur est lent à croire » : le reproche du Christ aux deux disciples sur le chemin d’Emmaüs pourrait être adressé à notre génération. Mais quelle est la bonne approche qui va convaincre notre temps ?

 

Paul affirme « si le Christ n’est pas ressuscité, votre foi est vaine » (1 Cor 15,14), mais pour beaucoup de nos contemporains et même pour des chrétiens la résurrection demeure une énigme.  Dans un sondage réalisé en 2016, seulement un peu plus de 10% de la population croit en la résurrection. Et plus de la moitié des protestants ne voient aucune incompatibilité entre leur foi et la croyance en la réincarnation.[1]

Les évangiles ne s’intéressent pas tant à la notion abstraite de « résurrection », mais ils établissent un lien étroit entre notre résurrection et celle du Christ. Nous n’aurions aucune espérance dans ce monde voué à la mort si le Christ ne l’avait pas vaincue. Mais, sous la pression de notre culture, certains théologiens  comprennent de manière symbolique l’article du credo : « le troisième jour il est ressuscité des morts ».

La résurrection ne serait pas un événement, mais une manière de dire que celui dont le projet a échoué est réhabilité et retrouve sa dignité. Dans cette approche existentialiste la résurrection du Christ aurait exprimé l’ardent désir de ses disciples de revoir celui qui les a tant aimés.

Cependant on ne peut évacuer le fait que pour les évangiles, la découverte du tombeau vide et la rencontre avec le Ressuscité constituent le cœur de la foi des apôtres et des femmes qui l’ont en premier rencontré. Sinon comment expliquer le martyre de tant de chrétiens aux premiers siècles et la diffusion de la foi chrétienne ?  Leur cri « Le Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité ! » traverse les siècles jusqu’à aujourd’hui et continue à soutenir les martyrs actuels.

De plus dans tout le reste du Nouveau Testament, la résurrection de Jésus et le don de l’Esprit saint, qui lui est lié, sont la pierre d’angle de l’identité chrétienne.  Alors que beaucoup n’arrivent pas à s’imaginer une vie possible après la mort, le Christ ressuscité est le fondement de notre espérance : notre vie après la mort s’accomplit dans une communion avec le Christ ressuscité.

Jésus est non seulement l’homme ressuscité par Dieu, prémices de la création nouvelle, mais aussi le Dieu qui ressuscite l’homme. Celui qui meurt sur une croix et ressuscite trois jours après est le Fils de Dieu qui « a pris chair de la vierge Marie » et dont la chair a été glorifiée par sa résurrection. Dès lors « Christ ressuscité ne meurt plus », il est « la résurrection et la vie » (Jean 11,25).

On ne peut donc plus parler de la résurrection de manière abstraite, sans lien avec le Ressuscité. Les icônes byzantines, en conjuguant la résurrection du Christ avec celle d’Adam et d’Eve, représentants de l’humanité, ont compris ce point essentiel. Le Ressuscité donne un sens à notre existence, « maintenant et à l’heure de notre mort ». Par sa parole, dans le baptême et l’eucharistie, il se manifeste à ceux qui se rassemblent en son nom et les entraîne bien au-delà ce qu’ils peuvent imaginer !

 

Martin Hoegger – martinhoegger@bluewin.ch

[1] Sondage réalisé en 2016 par l’institut M.I.S. Trend auprès de 1401 résidents suisses représentatifs âgés de 18 à 74 ans. Cité dans le magazine « Réformés », avril 2017, p. 12s.

La résurrection du Christ et la nôtre.  

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