Par Martin Hoegger*

dix-signes-dun-renouveau-de-leglise

Le terme « renouveau » a connu toutes les fortunes dans le monde ecclésial. Il peut désigner des mouvances comme les renouveaux liturgique, eucharistique, patristique, biblique, charismatique, etc. Dans ce sens le 20e siècle, qui les a vu naître a été un siècle de grand renouveau.

Tous reconnaissent que l’appel au renouveau s’enracine dans les Ecritures, mais certaines expressions de renouveau peuvent conduire à des divisions dans et entre les Eglises. Il suffit par exemple de se rappeler certaines polémiques concernant la compréhension de l’action de l’Esprit saint.[1] Quels sont les indices d’un renouveau : une nouvel élan pour l’évangélisation, une réforme structurelle, des dons charismatiques, un approfondissement de la vie de prière et communautaire, une prise de conscience de l’exigence de paix et de justice, une expérience forte de la présence de Dieu, une croissance du nombre des chrétiens ? Que signifie le renouveau dans une perspective théologique, comment reconnaître les indices authentiques d’un renouveau ? Que disent les textes bibliques sur le renouveau ? Quelles expériences de renouveau peut-on mettre en évidence ? Peut-on préciser une compréhension commune du renouveau entre les diverses Eglises ?

Interrogé sur ce thème, Karl Barth a répondu lors d’une conférence à Genève : « Le mieux sera que nous ne réfléchissions pas trop sur la question de savoir s’il y a un renouveau, parce qu’il y a mieux à faire » ![2]

Toutefois, avec la création en 2015 du Rassemblement pour un Renouveau Réformé, une association désireuse de travailler pour un renouveau spirituel dans les Eglises réformées en Suisse romande, je désobéirai à la recommandation de ce grand maître ! Permettez-moi donc d’y réfléchir en proposant quelques points sur cette notion si large. C’est à un autre maître, mon ami Gérard Pella, premier président du Rassemblement pour un Renouveau Réformé, que je dédie cet article.

 

Le renouveau, un grand thème oecuménique

Si l’Esprit créateur promis par Jésus est « toujours avec nous » (Jn 14,17) alors un ferment, sans cesse à l’œuvre, fait lever la pâte de l’Eglise, ceci bien avant le temps des Réformes.[3] L’Eglise est comme un grand jardin avec de magnifiques fleurs de toutes les couleurs, qui représentent les charismes que l’Esprit a donné au cours de son histoire et qui fleurissent aujourd’hui. Mais dans ce jardin se trouvent aussi des buissons épineux et de vieux arbres qui ont besoin d’être taillés, voire déracinés.[4]

Le 20e siècle a vu naître plusieurs renouveaux. Le renouveau est aussi un grand thème du mouvement œcuménique. En 1955 le premier secrétaire général du Conseil œcuménique des Eglises, Willem Visser ‘t Hooft, a prononcé trois conférences pour démontrer que le mouvement œcuménique contribuait au renouveau de toutes les Eglises. Voici ce qu’il écrit :

« Nous ne disposons que d’un terme pour considérer à la fois l’Una Sancta Ecclesia, qui n’a pas besoin d’être renouvelée, et l’Eglise institution historique, qui, elle, en a constamment besoin. Si nous limitions exclusivement le terme d’Eglise au sens de l’Una Sancta, nous serions obligés de passer sous silence l’existence empirique de l’Eglise…Nous devons en cela nous garder de la « fausseté angélique » dénoncée par saint Augustin lorsqu’il disait que l’Eglise terrestre n’est pas sans défauts et qu’elle doit faire sienne la prière : Pardonne-nous nos péchés ». [5]

Le concile Vatican II a été une grande étape pour le renouveau de l’Eglise catholique. Cependant, le pape Benoît XVI a appelé, au moment de sa démission le 13 février 2013, à « un vrai renouveau », estimant que les grandes orientations données par le concile Vatican II n’étaient pas complètement réalisées : « Nous devons travailler pour que le vrai concile se réalise et rénove vraiment l’Eglise. »[6] Le ministère de son successeur, le Pape François, peut être considéré comme une action énergique de renouveau.

J’ai personnellement été sensibilisé à la complexité de ce thème lors de trois rencontres d’une « Conversation œcuménique » dans le cadre de l’Assemblée mondiale du Conseil œcuménique des Eglises, à Busan en Corée (novembre 2014). J’ai alors été particulièrement interpellé par une conférence sur cette question par Justin Welby, archevêque de Canterbury et primat de la communion anglicane.[7] Ce dernier a fait du renouveau de la vie spirituelle de l’Eglise anglicane le cœur de son action pastorale. Voici ce qu’il dit dans une interview :

« Quatre personnes de la communauté du Chemin-neuf, dont un couple anglican et une religieuse catholique, viendront chez nous en janvier. Leur présence à Lambeth Palace est un symbole œcuménique fort, un moyen aussi de mettre en œuvre ce qui est ma première priorité : le renouveau de la prière et de la vie religieuse dans l’Eglise d’Angleterre… Des communautés perdent toujours des fidèles, mais d’autres ont une belle vitalité, en particulier en ville, autour des cathédrales. Je pense en particulier à un mouvement qui s’appelle Fresh expressions of Church (manifestations renouvelées de l’Eglise),[8] à des pasteurs exceptionnels qui osent recommencer l’Eglise hors des bâtiments traditionnels, à des musiciens, des peintres, des commissions d’art sacré comme on n’en avait plus vues depuis 300 ans. Cette créativité est un signe de l’Esprit Saint. Dieu n’a pas pris sa retraite ! ».[9]

 

 

Le renouveau, un thème cher aux Eglises de la Réforme

Dans l’ouvrage déjà cité, Visser ‘t Hooft posait la question : « Doit-on voir dans la Réformation du XVIe siècle un renouveau au sens tout à fait biblique du terme ? A l’origine elle fut un mouvement de repentance, de retour au Seigneur de l’Eglise par un abandon total à sa miséricorde et à sa grâce ».[10]

En effet, Martin Luther voit l’Eglise avant tout comme le lieu de l’action de l’Esprit saint qui « reste au sein de la chrétienté et la conservera jusqu’au dernier jour, qui est celui de notre délivrance ; par elle, il propage la Parole de Dieu au moyen de la prédication ; par cette Parole encore il sanctifie journellement l’Eglise, la fortifie dans la foi, afin qu’elle puisse porter des fruits ».[11] Le renouveau est une œuvre permanente de l’Esprit saint « toujours occupé à nous sanctifier par la Parole et la rémission des péchés qu’il nous accorde journellement jusqu’à la vie à venir ».[12] Le renouveau désiré par Luther n’était pas d’abord une réforme extérieure de l’Eglise institutionnelle, mais un renouveau spirituel intérieur.

Jean Calvin avait la même perception que Luther. Le renouveau de l’Eglise est d’abord une œuvre de l’Esprit saint, à travers la Parole de Dieu qui purifie ou, pour reprendre l’image évoquée au début, ôte les ronces du jardin de l’Eglise. « L’histoire de l’Eglise est l’histoire de beaucoup de résurrections », écrit-il dans un commentaire biblique.[13] Bien qu’elle soit sainte, l’Eglise ici bas doit constamment être renouvelée et sanctifiée : « Il est vrai que le Christ a lavé son Eglise dans le baptême d’eau par la Parole de vie…mais seul le commencement de cette sanctification apparaît maintenant, son accomplissement ne sera total que lorsque le Christ, le Saint des Saints, l’aura entièrement vêtue de sa sainteté ».[14]

Calvin, comme Luther, ne voulait pas créer une nouvelle Eglise. Sa conception de la Réformation apparaît clairement lorsqu’il écrit à l’évêque de Troyes. L’intention de Calvin n’est pas de fonder une autre structure ecclésiale, mais de mettre la Parole de Dieu au centre et de renouveler l’Eglise : « Il faudra qu’un évêque tâche tant qu’il pourra de purger les églises qui sont sous sa charge et superintendance de toutes les idolâtries et erreurs, montrant le chemin à tous les curés de son diocèse et les induisant à obéir à la réformation à laquelle la Parole de Dieu nous convie et laquelle est conforme à l’état et pratique de l’Eglise primitive ».[15]

A la lecture de la dernière édition du livre IV de l’Institution chrétienne, qui témoigne de la maturité de la pensée calvinienne sur l’Eglise, je fais mienne cette conclusion de Jacques Courvoisier : « Si Calvin consacre un si grand nombre de pages à critiquer l’Eglise existante, ce n’est pas pour prouver qu’elle est morte…mais bien pour la réformer ».[16]

Concluons cette introduction avec un regard sur le protestantisme suisse actuel. Dans son Document d’impulsion pour préparer le Jubilé de la Réforme en 2017, la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) écrit : « Les préparatifs pour le Jubilé de la Réforme peuvent s’effectuer au mieux en connexion avec les efforts de renouveau de nos Églises ainsi que leurs efforts pour renforcer leur témoignage et leur service dans la société. Il y a des signes tangibles de la nécessité de réformer nos Églises : églises vides, nombre de sorties, ressources fluctuantes, morosité de la vision, vigilance affaiblie, etc ». [17]

La FEPS appelle ses Eglises membres à examiner le sens de la Réforme et à mettre en œuvre des projets concrets. Dans la ligne de ce que nous venons de lire sous les plumes de Luther et Calvin, elle précise que « la Réforme n’a jamais eu un autre sens que la redécouverte du cœur de l’Évangile, l’amour inconditionnel de Dieu pour l’être humain, lequel le libère de tous liens afin qu’il puisse rendre service à ses prochains et à sa communauté… Luther et Zwingli furent en tout premier lieu les redécouvreurs de l’Évangile, et non pas les fondateurs d’Églises. Ce fait ne doit pas être perdu de vue ».

Gottfried Locher, le président de la FEPS, a bien résumé le défi permanent d’une Eglise de la Réforme par ces quelques lignes : « Jean Baptiste est celui qui prêche le Christ – par conséquent il a une signification particulière pour les Eglises réformées. ”Je ne suis pas le Christ, mais j’ai été envoyé devant lui…Il faut qu’il grandisse, et que moi, je diminue.” (Jean 3,28s)… Etre réformé signifie aussi réformer ce qui est réformé » ![18]

 

Dix signes d’un renouveau de l’Eglise

Comment le renouveau commence-t-il ? Quel est son cœur ? Quels en sont les signes ? Je voudrais répondre à ces questions en proposant dix signes d’un renouveau de l’Eglise, avec un regard sur le récit de la rencontre entre Jésus et la Samaritaine (Jn 4).

 

  1. Renouveler notre confiance en l’amour de Dieu

Dans sa rencontre avec Jésus, la Samaritaine fait l’expérience de l’amour de Dieu manifesté à travers Jésus. Un amour concret, délicat, qui fait le premier pas, attentif, respectueux et patient. A travers cette rencontre, cette femme est renouvelée intérieurement. Une source spirituelle jaillit d’elle ! Cette source vive est la vie dans l’Esprit saint sans lequel tout ce que je vais écrire serait incompréhensible. En effet, en traitant la question du renouveau, j’aurais dû commencer par parler de l’œuvre de l’Esprit. Ma démarche est trinitaire : il faudra patienter jusqu’au huitième point pour que j’en parle de manière circonstanciée. Mais en fait l’Esprit saint est nommé en chaque point !

Un renouveau commence quand on s’ouvre à l’amour de Dieu. Dans notre baptême, comme dans le baptême de Jésus, Dieu nous dit : « Tu es mon enfant bien-aimé. Je mets en toi toute ma joie » ! (Lc 3,22) Prendre conscience de notre vocation baptismale est le commencement d’un renouveau spirituel personnel, prélude à un renouveau communautaire. Seules des personnes renouvelées peuvent former des communautés renouvelées.

Tout dans l’Eglise devrait être fait en lien avec notre baptême. Se rappeler que Dieu nous aime, nous appelle, nous unit au Christ mort et ressuscité pour que la mort et le mal soient engloutis par la vie dans la puissance de l’Esprit saint, croire en cet amour, mettre notre confiance en lui et, en conséquence, manifester envers tous une égale miséricorde : voici le fondement de tout.

Le premier signe du renouveau, sans doute le plus important, est l’ouverture du cœur à l’amour de Dieu. Le renouveau est un don de Dieu qui fait toujours le premier pas. Il est un mouvement de l’Esprit saint : pas une création humaine, mais une réponse à l’initiative de Dieu.

 

  1. Se rendre transparent à la volonté de Dieu

« Je vois que tu es un prophète », s’exclame la Samaritaine quand Jésus lui révèle une partie de sa vie (Jn 4,19). Dans sa rencontre avec Jésus, elle change progressivement. Sa mentalité concernant les relations entre hommes et femmes, entre juifs et samaritains se transforme (cf Rm 12,1). Le cœur du renouveau est de se rendre transparent au Christ, qui connaît notre cœur, nos désirs, nos adhésions ou nos aversions. Toujours à nouveau il nous appelle à nous tourner vers lui, à nous laisser transformer par lui. Rien ne se passe sans conversion du cœur. S’il répand son Esprit sur son Epouse, « un Esprit de grâce et de supplication » (Za 12,10), c’est pour la rendre belle et sainte (Ep 5,27). Pour que nous soyons interpellés sur nos représentations de Dieu et de son Messie, ainsi que sur des décisions qui ont déchiré le Corps du Christ. Plus nous faisons de la volonté du Père notre nourriture, plus nous sommes proches les uns des autres, car cette volonté est un appel à grandir dans l’humilité et la sainteté du Christ. Quand ce désir est présent, c’est un signe du renouveau. (Jn 4,34).

« Le premier pas vers le renouveau est la repentance », affirmait J. Welby à Busan. Sur le chemin conduisant à la création du Rassemblement pour un renouveau réformé, nous avons entendu, à travers la pasteure-évangéliste Hetty Overeem, le mot « repentance ». Un vieux mot de la vie spirituelle, souvent mal compris. Alors que nous étions sur le point de fonder cette association, nous avons décidé de prendre le temps de l’écoute de Dieu durant trois retraites spirituelles. Au cœur de ces rencontres, une heure de silence absolu vécue ensemble dans la chapelle de la communauté de Saint Loup. Pendant ces temps bénis, nous avons été rejoints par la prière de Nicolas de Flüe, qui nous a centrés sur le Christ : « Mon Seigneur et mon Dieu, éloigne de moi tout ce qui m’éloigne de toi. Mon Seigneur et mon Dieu, donne-moi tout ce qui me rapproche de toi. Mon Seigneur et mon Dieu, détache-moi de moi-même pour me donner tout à toi ».

 

  1. Se laisser rejoindre par la Parole de Dieu

« Ils furent encore beaucoup plus nombreux à croire au cause de sa parole… Nous l’avons entendu nous-mêmes et nous savons que c’est vraiment lui le Sauveur du monde », disent à la femme les habitants de son village (Jn 4,41s). Sans l’écoute à travers les Ecritures de la voix du Maître, de celui qui est la Parole et la Vérité, pas de renouveau possible. Celui-ci commence toujours par une attention à la Parole de Dieu. Mais il y a tant de manières différentes de l’interpréter. Comment lui permettre de manifester sa force de transformation et de communion ?

Parmi toutes les approches – souvent complémentaires – j’ai découvert la Lectio divina. Sans l’opposer à la lecture studieuse, cette manière de lire l’Ecriture favorise une rencontre avec Celui « qui nous expliquera tout » (Jn 4,25).[19]

Ayant collaboré avec les Sociétés bibliques, j’ai découvert à plusieurs reprises comment la traduction des Ecritures et leur réception dans une nouvelle langue conduisent à la création de l’Eglise dans un peuple. Si l’Eglise est creatura Verbi et Spiritus, créature de la Parole et de l’Esprit, elle ne peut pas être renouvelée sans la Parole. L’Ecriture doit être lue avec notre intelligence et dans l’invocation de l’Esprit saint. J’en fais l’expérience depuis 25 ans, en particulier à travers l’Ecole de la Parole en Suisse romande, qui propose la lectio divina à toutes les Eglises.

Le goût de lire, méditer et prier ensemble la Parole, dans le partage et l’ouverture du cœur les uns aux autres est un beau signe de renouveau.

 

  1. Etre proche des blessés de la vie

« Maître, donne-moi cette eau pour que je n’aie plus soif » ! (Jn 4,15). Jésus s’est rendu proche de cette femme, fille d’un peuple ennemi. Il a aussi deviné sa blessure et sa soif de relations. Son action la réintègre dans la société, alors qu’elle vivait l’exclusion. Quand l’Eglise se fait proche des pauvres et des blessés, elle se renouvelle. Car en eux le Christ l’attend (Mt 25,41). Il a assumé toutes nos pauvretés tant matérielles que spirituelles. Dans son terrible abandon, il a même vécu l’obscurcissement de sa relation avec Dieu. En le méditant nous recevons la force et le courage de nous tenir là où Dieu semble absent, pour devenir des acteurs de miséricorde.

La miséricorde, c’est se faire proche du blessé de la vie pour prendre soin de lui, comme le bon Samaritain. Plus l’Eglise vit cette proximité, plus elle va au cœur de sa vocation, plus elle se renouvelle. Le cœur du Christ qui bat pour les exclus bat alors aussi en nous. Le renouveau se signale quand des frontières sont franchies et des exclusions surmontées, quand des groupes défavorisés sont réintégrés dans la communauté.

« L’année de la miséricorde » proposée par le pape François le rappelle. C’est aussi « notre affaire » en tant que protestants. L’Esprit le crie : « Nostra res agitur » ! Que la miséricorde soit notre seul moyen ! Tout ce qui est fait en dehors d’elle ne contribue pas au renouveau. « Si je n’ai l’amour, je ne suis rien… » (1 Co 13,2).

 

  1. Donner un espace au Ressuscité

« Les Samaritains lui demandèrent de demeurer auprès d’eux ; et il demeura là deux jours » (Jn 4,40). Depuis sa résurrection, Jésus veut demeurer au milieu de chaque peuple, comme il l’a fait pour les Samaritains. A travers les évangiles, il nous parle aujourd’hui comme il parlait sur les routes de Galilée et de Samarie. L’Eglise vit avant tout de la présence du Ressuscité parmi nous. C’est lui qui la crée au matin de Pâques. Dès lors c’est la proclamation du kérygme pascal qui la fait vivre et la renouvelle sans cesse. La vocation de l’Eglise est de donner un espace au Ressuscité et de l’invoquer : « Seigneur sois au milieu de nous » !

L’Eglise vit de la présence de l’Emmanuel, dans l’Esprit saint : « là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux » (Mt 18,21). Un renouveau spirituel commence lorsque nous en prenons vivement conscience. Les Pères de l’Eglise comprennent l’expression « se réunir dans le nom de Jésus », comme signifiant « dans l’esprit et le style de vie Jésus », c’est-à-dire dans l’humilité, la justice et la miséricorde.

Là où il y a orgueil, dureté, indifférence, rationalisme… l’Eglise ne correspond plus à sa vocation. Le Ressuscité se tient à la porte, mais n’y entre pas par effraction : « Voici je me tiens à la porte et je frappe, si quelqu’un entend ma voix et m’ouvre la porte, j’entrerai chez lui » (Ap 3,20). J’aime cette représentation. Le Christ ne peut ouvrir lui-même, car la poignée est à l’intérieur.

Le renouveau se signale quand nous pouvons être vrais les uns envers les autres, honnêtes sur nos difficultés et nos échecs, même sur nos erreurs, humbles dans nos relations. C’est ainsi qu’on ouvre la porte au Ressuscité qui s’infiltre au milieu de nous et nous tire en avant.

 

  1. Célébrer avec profondeur et beauté

« Les vrais adorateurs adoreront le Père en Esprit et en Vérité » (Jn 4,23). Jésus annonce un renouveau du lieu de culte. Il ne se vivra ni sur la montagne des Samaritains, ni dans la Jérusalem des Juifs, mais en Esprit et Vérité. Jésus transforme les structures traditionnelles et apporte une nouvelle compréhension du culte.

La vie et la joie sont les signes d’un culte renouvelé. Il ne s’agit pas d’abord d’innover mais plutôt d’habiter les paroles et les gestes avec une profondeur nouvelle. Le Christ Jésus est venu à nous, habité en plénitude par l’Esprit pour nous le communiquer. En lui, il nous tourne vers le Père et nous fait entrer dans sa Maison (Jn 13,2). Non seulement individuellement, mais aussi et surtout ensemble. Chaque culte nous rappelle que Dieu veut former « un peuple qui proclame ses louanges ». (Es 43,21).

La célébration eucharistique est le lieu par excellence de la vocation de l’Eglise à la louange. L’œuvre du renouveau liturgique protestant doit être remise sur le métier. Elle doit être conjuguée à un renouveau de l’art sacré. L’Eglise a besoin d’artistes qui rappellent que notre communion se nourrit non seulement de vérité et de miséricorde, mais aussi de beauté. Elle doit les encourager et leur passer commande.[20]

Cependant il faut reconnaître aussi que nous avons parfois pris des habitudes cultuelles. Or le renouveau peut nous faire sortir de nos zones de confort ; il peut même nous mettre en conflit avec des structures traditionnelles. Cela arrive quand l’action de l’Esprit saint conduit à une liturgie plus participative, à faire place à davantage d’éléments spontanés et de témoignages de vie. Trinité signifie relations. Quand on s’ouvre à son action, des relations vraies, profondes et spontanées naissent. Des célébrations participatives donnant place à des charismes divers sont un signe encourageant de renouveau.

 

  1. Travailler sans cesse à la communion

« Le salut vient des juifs…Elle dit aux gens de la ville, venez voir ! » (Jn 4,22,29). En Christ, juifs et samaritains se sont réconciliés ce jour-là ! Par la suite, Paul voit dans la communion en Christ des juifs et des non juifs le grand signe des temps nouveaux, inaugurés lors de Pentecôte (Ep 2,14-18). Il annonce même que la venue des juifs à la foi, dans les temps de la fin, sera un signe extraordinaire de renouveau, comme « un retour de la mort à la vie » (Rm 11,15). Dès lors son labeur incessant sera, à la suite du Christ lui-même (Jn 17,21) d’appeler les uns et les autres à la communion : « Accueillez-vous les uns les autres, comme le Christ vous a accueillis » (Rm 15,7).

Depuis plus de cent ans, l’Esprit saint a souligné ces appels à la communion. Le mouvement œcuménique moderne n’est pas une mode passagère, mais un courant de l’Esprit avec de multiples expressions. Dieu bénit les artisans d’unité. Quand les Eglises se rapprochent, elles se renouvellent aussi. A travers le mouvement missionnaire, elles cherchent à donner un témoignage commun ; à travers le mouvement biblique, elles traduisent et lisent ensemble les Ecritures. Dans les dialogues théologiques, elles disent ensemble la foi apostolique et veulent surmonter les obstacles qui restent. Dans le mouvement charismatique, les fidèles de différentes Eglises se sont découvert en profonde communion. Quand elles servent ensemble les pauvres et appellent à respecter la création, elles sont une inspiration pour toute la société et la renouvellent.[21]

Les diverses expressions du mouvement œcuménique sont de multiples signes de renouveau. Mais celles-ci ont aussi besoin d’être renouvelées, car elles peuvent être guettées par le formalisme ou l’institutionnalisme.

 

  1. S’ouvrir à l’Esprit saint

« Dieu est Esprit » (Jn 4,24). Si l’Esprit saint créateur est partout présent et remplit tout, il manifeste la force de son action surtout dans l’Eglise. En commençant par nos cœurs pour nous donner une « nouvelle naissance » (Jn 3,5). Le Symbole des apôtres montre ce lien très étroit entre le Saint Esprit et l’Eglise : « Je crois au Saint Esprit, la sainte Eglise… ». C’est l’Esprit saint qui a suscité des miracles de lumière et de vie et des renouveaux spirituels durant toute l’histoire de l’Eglise. Jésus nous l’a promis pour qu’il soit « toujours avec nous » (Jn 14,17).

Sans ouverture continuelle à l’Esprit saint, le renouveau risque de tomber dans le fondamentalisme, le légalisme, l’intransigeance et conduire à des ruptures qui laissent des traces très douloureuses et durables.

Il faut donc avoir confiance en lui, nous ouvrir à lui et lui consacrer nos Eglises. Comment se manifeste-t-il pour leur renouveau ? De multiples manières. Il est créateur et a donc beaucoup d’imagination !

Je voudrais souligner deux défis que l’Esprit saint, me semble-t-il, lance aujourd’hui. Le premier est celui de créer la communauté fraternelle au sein de la paroisse. En particulier en formant des petits groupes où chacun peut partager sa vie à la lumière de l’Evangile et la confier dans la prière. Des espaces où peuvent se vivre les relations interpersonnelles dans la liberté, où il est possible de porter les fardeaux des uns des autres, dans un monde qui ne cesse de se jeter des pierres.[22]

Encourager la formation de ces petites communautés fraternelles, les reconnaître, les relier les unes aux autres, n’est-ce pas ce que l’Esprit dit aux Eglises aujourd’hui, dans notre contexte ? Et de manière plus vaste, dans l’esprit d’une « ecclésiologie de communion », il faut que toutes les Eglises et cellules de vie d’Eglise soient reliées les unes aux autres, dans une communion fraternelle et une amitié spirituelle qui s’élargit de plus en plus.

Que la paroisse devienne une communion de petites communautés et que la célébration dominicale soit l’expression plus large de cette communion, voilà ce qui renouvellera nos Eglises ! Pour relever ce défi, les paroisses ont plusieurs outils à leur disposition.[23] Les utiliseront-elles ? Les directions d’Eglise les encourageront-elles ?

Le deuxième défi est celui des mouvements de spiritualité et des communautés nouvelles que l’Esprit saint suscite dans les diverses Eglises pour les appeler à retrouver la ferveur des premiers chrétiens. Ces mouvements portés par des laïcs en communion avec leurs pasteurs apportent une contribution inestimable au renouveau ecclésial. Soucieux avant tout des relations fraternelles et d’un témoignage dans les différents domaines de la société, ils renouvellent les paroisses et les autres lieux d’Eglise.

Ces mouvements sont clairement, à mon sens, un signe des temps. Un autre signe est que ces mouvements cherchent à donner un témoignage commun. Les rencontres Ensemble pour l’Europe en sont un bel exemple.[24] Je veux croire aussi que le Rassemblement pour un renouveau réformé est un de ces signes !

L’enjeu pour les Eglises est de les accueillir avec bienveillance et discernement. C’est un grand défi, particulièrement pour les autorités des Eglises historiques. Parfois je constate de leur part un durcissement et une fermeture. Cet aspect du renouveau est un aiguillon dans la chair de leur responsabilité !

Dans ce domaine, une parole de l’apôtre des nations a toujours guidé mon action : « N’éteignez pas l’Esprit, ne méprisez pas les prophètes, examinez toutes choses et retenez ce qui est bon » (1 Th 5,19).

  1. Faire mémoire des témoins de la foi et prier pour l’Eglise persécutée

« Serais-tu plus grand que Jacob, notre Père » (Jn 4,12). Nous avons des pères et des mères dans la foi, habités par l’Esprit saint : Abraham, Jacob, Sarah, Rachel ; les apôtres, Marie, mère du Seigneur et tant de croyants appartenant à cette « nuée des témoins » qui regardent vers le Christ seul. Nuée qui, chaque jour, s’élargit (He 12,1).

Dans la « tapisserie » de l’histoire de l’Eglise, nous découvrons un fil d’or : celui des martyrs et des confesseurs de la foi. Ceux-ci sont des modèles pour nous aujourd’hui, car la force de leur témoignage déborde de leur contexte historique ; ils nous centrent sur le cœur de la foi chrétienne : la fidélité à la croix du Christ. Dès le commencement, la conscience chrétienne reconnait en eux les « semences de l’Eglise ». C’est leur amour du Christ et leur persévérance qui ont renouvelé et élargi l’Eglise. Ils continuent aujourd’hui d’être des sources d’inspiration et de renouveau.

Le XXe siècle a été un siècle de martyrs, dont il faut garder la mémoire. Cette mémoire a aussi une grande importance pour l’œcuménisme. L’œcuménisme du martyre et de la persécution est le plus profond.[25] Sur tous les continents, il y a eu une persécution des chrétiens et celle-ci continue aujourd’hui : il faut prier pour nos frères et sœurs persécutés. Un signe de renouveau est d’en faire mémoire ensemble, membres d’Eglises différentes et de prier pour l’Eglise persécutée.

Faire mémoire d’un témoin, c’est une invitation à se mettre à son école, à découvrir comment il a vécu les paroles de l’Evangile, à désirer les dons de l’Esprit qu’il a reçus. Il y a ici un enjeu à souligner pour la conscience protestante, toujours tentée par le repliement sur le contexte actuel et sur l’Eglise locale : celui de l’appartenance à l’Eglise universelle de tous les temps.[26] Parce que le Christ, en qui réside la plénitude divine, est présent au milieu de l’assemblée qui proclame les hauts faits de Dieu, la totalité de son Eglise est aussi présente, celle qui lutte ici-bas et celle qui chante au ciel Soli Deo Gloria. L’Eglise en chemin – in via – qui a constamment besoin d’être renouvelée n’est pas isolée de l’Eglise en gloire qui boit le vin nouveau du Royaume.

 

  1. Découvrir et encourager les charismes

« Venez voir ! Il y a là un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait ! Serait-ce le Christ ? » (Jn 4,29). Suite à son dialogue avec Jésus, la Samaritaine devient la première apôtre de son peuple. Rencontrer Jésus signifie être appelé, interpellé, transformé et envoyé. L’Esprit saint continue cette œuvre apostolique aujourd’hui. Le renouveau de l’Eglise ne va pas sans le renouveau du ministère : celui des laïcs et celui des personnes consacrées à un ministère ordonné. « Un élément essentiel du renouveau de l’Eglise est le renouveau du ministère », déclarait à ce sujet une conférence de Foi et Constitution.[27]

Un des grands textes sur la vocation du peuple de Dieu tout entier est ce passage magnifique du document B.E.M., (Baptême, Eucharistie, Ministère) enracinant la vie de l’Eglise dans l’action de l’Esprit Saint, qui donne des dons divers que tous les membres de l’Eglise sont appelés à découvrir :

« Le Saint-Esprit accorde à la communauté des dons divers et complémentaires. Ils sont donnés pour le bien commun de tout le peuple et se manifestent dans des actions de service au sein de la communauté et pour le monde. Ce peut être des dons de communication de l’Evangile en parole et en acte, des dons de guérison, de prière, d’enseignement et d’écoute, des dons de service, de direction et d’obéissance, d’inspiration et de vision. Tous les membres sont appelés à découvrir, avec l’aide de la communauté, les dons qu’ils ont reçus et à les utiliser pour l’édification de l’Eglise et au service du monde vers lequel l’Eglise est envoyée ».[28]

Pour Calvin, le renouveau de l’Eglise est la responsabilité de tous. Chacun a reçu un don pour y contribuer. Et c’est une volonté de Dieu qu’il y ait des charismes divers. Le chrétien ne doit pas désirer avoir tous les dons ; les charismes doivent être consacrés au bien commun de l’Eglise. « Dieu n’a pas mis tous les dons en un seul homme, mais plutôt chacun en a reçu une certaine mesure, afin que les uns aient besoin des autres, et qu’en mettant en commun ce qui est donné à chacun, ils s’entraident les uns les autres ».[29]

Aujourd’hui, c’est l’heure des laïcs, à l’horloge de l’Eglise. Sans eux un renouveau serait impensable. Un signe du renouveau est leur désir de témoigner de la Bonne Nouvelle du Christ, de la vivre dans leurs domaines d’activités, d’aller à la rencontre de tous, de créer des ponts de convivialité et de dialogue. Toutefois, le ministère ordonné a besoin aussi d’être renouvelé. Il doit d’abord retrouver sa « base baptismale », comme le dit un autre document oecuménique.[30] C’est en vivant leur vocation baptismale (voir le premier point de cet article) que les ministres sont renouvelés et découvrent leur vocation essentielle de discernement et de communion des charismes, avec la présidence de la sainte cène comme lieu symbolique par excellence.[31]

 

Le grand signe : le renouveau en un mot

Si je devais résumer en un seul mot le secret du renouveau, je proposerais le mot Agapè. Dans le Nouveau Testament, ce mot grec si riche de sens exprime à la fois l’amour du Christ vécu durant son parcours terrestre, celui que l’Esprit saint répand dans nos cœurs, et celui qu’en conséquence nous avons à vivre les uns avec les autres. C’est l’Agapè qui ravive toutes choses, fait rayonner la communauté et attire.

Dans son commentaire sur la 1ère lettre de Jean – l’épître de l’Agapè – saint Augustin fait de la charité le grand signe de l’Eglise : « Aie tout ce que tu veux ; si cela seul tu ne l’as pas, rien ne peut te servir à quoi que ce soit. Mais si tu n’as pas le reste, possède la charité et tu auras accompli la Loi ! « Celui qui, en effet, aime l’autre, a accompli la Loi », dit l’Apôtre, et : « la plénitude de la Loi, c’est la charité » (Rom. 13, 8-10). Voilà, je pense, cette perle dont le marchand que nous décrit l’Évangile était en quête : il trouva une seule perle et vendit tous ses biens pour l’acheter. Cette perle de grand prix, c’est la charité, sans laquelle tous les biens que tu possèdes ne te servent à rien. Si tu n’as qu’elle, elle te suffit ».[32]

Que l’agapè nous anime pour aspirer au renouveau, pour prier et agir afin qu’il gagne du terrain dans nos vies personnelles, communautaires et ecclésiales !

 

[1] Voir Bernard Bolay et Martin Hoegger, « Nouvelle vague charismatique. Un document né du dialogue », Perspectives missionnaires 40, 2000/2, pp. 37-54, qui réfléchissent sur une expression du mouvement charismatique dans les années 1990.

[2] Bulletin du Centre protestant d’Etudes, 8.12.1951

[3] Cf Paul Amargier, Une Eglise du renouveau : réformes et réformateurs, de Charlemagne à Jean Hus : 750-1415, Paris, Cerf, 1998.

[4] L’image est inspirée de Chiara Lubich, Le Christ au cœur des siècles, éd. Nouvelle Cité, Montrouge, 1995, p. 14s.

[5] Le Renouveau de l’Eglise, Labor et Fides, Genève, 1956, p. 6.

[6] « Benoît XVI, démissionnaire, appelle à un « vrai renouveau » de l’Eglise ». Le Monde, 14.2.2013

[7] Voir la page sur les « Conversations œcuméniques » : EC 03. Transformed by Renewal : Biblical Sources and Ecumenical Perspectives. https://www.oikoumene.org/en/resources/documents/assembly/2013-busan/ecumenical-conversations-report

[8] http://www.freshexpressions.org.uk/about/whatis

[9] L’Echo Magazine, 12 novembre 2013.

[10] Op. cit. p. 51.

[11] Martin Luther, Le Grand Catéchisme, 2,6.

[12] Ibid. 2,7.

[13] Commentaire sur Michée 4,6.

[14] Institution de la Religion chrétienne. IV,8,12. Kerygma-Excelsis, Aix en Provence, 2009, p. 1088.

[15] Calvini Opera 10, 186.

[16] De la Réforme au protestantisme. Essai d’ecclésiologie réformée. Paris, Beauchesnes, 1977, p. 99

[17] http://www.ref500.ch/sites/default/files/media/PDF/Projekte/Reformationskongress/impulspapier_reformation_fr.pdf

[18] Reformiert reformiert. Plädoyer für eine Umkher nach vorne, Landeskirchenforum, Berne, 2006. p. 18s ; http://www.landeskirchenforum.ch/identitaet-heute

[19] Voir mon article, « Une Ecole de la Parole pour lire et prier la Bible » Hokhma 61/1996, pp. 37-50.

[20] Voir mon article Bessalel, le premier artiste de la Bible. Sur www.consolartes.blogspot.ch

[21] Voir le document du Conseil œcuménique des Eglises : ÉGLISE ET MONDE. L’unité de l’Église et le renouveau de la communauté humaine, Cerf, Paris, 1993.

[22] Voir mon étude : « J’ai fait un rêve : une Eglise fraternelle! Susciter la communauté, le défi de la paroisse ». Sur le site www.hoegger.org

[23] Les expériences abondent. Je citerai, entre autres, le mouvement des Cellules de croissance communautaire en Hollande. En quelques 25 ans, il a suscité plus de 2000 groupes de maison qui contribuent puissamment au renouvellement cultuel et communautaire de l’Eglise réformée hollandaise. Les expériences des Fresh expressions of the Church venues d’Angleterre sont aussi prometteuses. cf note 8.

[24] Voir mon article : « La contribution des communautés et des mouvements à l’œcuménisme et à l’Eglise réformée ». Sur le site : www.hoegger.org

[25] Un colloque œcuménique tenu à la communauté de Bose en Italie du nord en 2008 a souligné l’importance de garder en mémoire les martyrs du siècle dernier : A Cloud of Witnesses. Opportunities for Ecumenical Commemoration. Faith and Order Paper, n° 209, WCC, Genève, 2010. Voir, dans ce volume, mon article sur quelques expériences qui renouvellent la perception de la « nuée des témoins » par l’Eglise réformée, pp. 224-232.

[26] Voir F-X. Amherdt, P. Gonzalez, M. Hoegger, H. Payk (éds), Vers une catholicité œcuménique ? Actes du Colloque « Ensemble et divers », Academic Press, Fribourg, 2013

[27] Foi et Constitution, Conférence d’Accra, 1974

[28] Chapitre sur le ministère, § 5.

[29] Commentaire de l’Epître aux Ephésiens 4,7. Voir mon article : Calvin et l’unité de l’Eglise, Hokhma 95/2009, pp. 3-23.

[30] Foi et Constitution, On the Way to fuller Koinonia. Genève, WCC, 1994, p. 249.

[31] Voir mon étude : La présidence de l’eucharistie, une croix de l’œcuménisme. 2014. Sur le site https://oikoumene.academia.edu/MartinHoegger

[32] Homélies sur la première épître de saint Jean V, 7, BA 76, p. 227-229.

 

* Pasteur de l’Eglise réformée du Canton de Vaud, Martin Hoegger est co-président de l’assemblée du R3. Il exerce son ministère dans la communauté de Saint Loup et collabore au projet « Jésus Célébration 2033 ». Il voue aussi une partie de son temps à l’accompagnement spirituel d’artistes. – martinhoegger@bluewin.ch

« Dix signes d’un renouveau de l’Eglise »
Étiqueté avec :    

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*