Avec beaucoup de finesse et d’érudition, Shafique Keshavjee montre la grande variété de l’islam contemporain. Il montre que seule une minorité de musulmans glisse ou risque de glisser dans la violence. Seule une minorité adhère à ces trois dimensions de l’islam qui sont bien présentes dans les textes musulmans : une spiritualité communautaire, un projet politique et une stratégie militaire. La majorité des musulmans pratique seulement la première de ces dimensions : l’islam comme spiritualité communautaire. Shafique Keshavjee nous permet par là d’éviter aussi bien la diabolisation de tous les musulmans que l’angélisme béat qui nous assure que l’islam est une religion de paix qui n’a rien à voir avec la violence. Une minorité de musulmans se nourrit des textes violents de l’islam et rêve de dominer le monde en conformité avec l’exemple de leur prophète.

J’aimerais souligner ici un paragraphe de cet excellent livre :

«  Que des musulmans cherchent à promouvoir partout la Vérité d’Allah et de son prophète est compréhensible. Ils sont certains que cette Vérité est la meilleure et qu’elle mène au paradis. Mais que des non-musulmans, par ignorance de la complexité de l’islam et de leurs propres racines, leur ouvrent les portes sans discernement et sans exigences éthiques est autrement plus grave. » (p. 196). A mon sens, Shafique Keshavjee ne cherche pas à discréditer l’islam ni à changer les musulmans mais à alerter les responsables politiques et médiatiques. Il n’est pas polémique mais prophétique : ouvrez les yeux ! Pour le bien des musulmans et des non-musulmans, ne laissez pas la minorité violente prendre racine chez nous.

A mon avis, la mollesse et l‘aveuglement des Occidentaux sont nos pires ennemis ! En voici un exemple : Qu’un père de famille musulman dise à l’institutrice de son fils qu’il n’apprécie pas qu’on parle de Noël à l’école est compréhensible. Que l’institutrice renonce pour cela à toute mention de Noël est gravissime. Un autre exemple : qu’un responsable musulman critique le livre de Shafique Keshavjee est compréhensible. Que des théologiens réformés se posent en défenseurs de l’islam relève de l’aveuglement.

Gérard Pella, Attalens

Le nouveau livre de Shafique Keshavjee ne laisse personne indifférent. Il a déjà suscité bon nombre de réactions, plus ou moins lucides. L’article de Camille Andres publié dans Réformés de mars 2019 était particulièrement tendancieux. Il a suscité de nombreuses réactions, dont plusieurs n’ont pas pu être publiées. En voici deux parmi tant d’autres :

C’est toujours problématique de faire pire que ce que l’on critique chez autrui…

 » Qu’est-ce qui ne va pas, dans cet ouvrage? « , demande la journaliste. Pour répondre à cette question, l’article accorde beaucoup de place à un professeur honoraire en théologie. Le peu d’estime qu’il a pour le livre s’achemine vers un jugement péremptoire, une condamnation totale et sans appel: « Tout l’ouvrage manque de distance historique et de connaissances « . Là déjà, on flirte avec les connotations attentatoires à l’honneur de Shafique Keshavjee en tant qu’écrivain érudit, expert reconnu de l’interreligieux depuis des décennies. Et la question de- meure entière: Qui des deux en sait davantage ou moins concernant l’islam, le Coran et les hadiths? Il en va de même des autres  » chercheurs de renom  » cités à charge.

Tout au long de l’article, la journaliste accumule ses propres critiques féroces:  » pensée hasardeuse « ,  » (résumé) extrêmement réducteur « , etc. Puis, comme s’il y avait toujours état de pénurie dans le procès à charge, elle croit encore devoir se faire la rapportrice d’un bon nombre d’autres prétendus jugements d’experts à l’encontre du livre, attribués pudiquement à  » différents chercheurs et théologiens « . Et ça y va allègrement:  » caricature « ,  » imposture « ,  » démarche bancale « ,  » tissu de fadaises « . Sans la moindre exception, ces délicates amabilités sont sommaires, sans nuance et aggressivement dépréciatives, alors qu’elles naviguent sous le couvert d’un anonymat parcimonieusement courageux. Là, au plus tard, l’affaire cesse d’être anodine. Car en tout cas le dernier des jugements dépréciatifs relatés est clairement injurieux, les deux qui le précèdent peut-être ou probablement aussi. Or, à force de colporter des injures anonymes, on s’aventure dans une zone où l’on commence à risquer de s’attirer des ennuis juridiques.

Beaucoup de ce que l’on lit des dits théologiens et chercheurs dans l’article est si carica- turalement sommaire, si hostilement unilatéral, si  » extrêmement réducteur « , comme dirait la journaliste, que deux sortes de questions se posent par rapport à eux. D’une part: si, dans leur activité académique courante, ils traitent les Ecritures comme ils viennent d’approcher le livre de Shafique Keshavjee, il y a des craintes et du scepticisme à avoir concernant la crédibilité scientifique de leur travail d’exégèse et de critique des textes. D’autre part: est-ce que c’est à des auteurs de prises de position pareilles que peuvent faire confiance les décideurs de l’Etat à titre d’ « experts  » quand il s’agit de trancher des questions relatives  » à la religion « , que ce soit le christianisme ou l’islam?

Mais l’affaire a aussi révélé plusieurs problèmes liés à  » Réformés « . Peut-être le plus grave est le suivant: En l’occurrence, le journal a pris des libertés avec plusieurs impératifs usuels de déontologie journalistique. Espérons que les responsables de la publication sauront apporter au plus vite les correctifs nécessaires (excuses entre autres pour les injures anonymes colportées, espace adéquat accordé à Shafique Keshavjee pour s’exprimer face à un autre journaliste, moins enclin aux procès unilatéraux à charge).

Andreas et Friederike Matter-Tanski Riex VD et Heiligenschwendi BE

*.    *.    *.    *.    *.    *.    *.    *.    *.    *.    *.    *.    *.    *.    *.    *.    *.    *.    *.    *.    *

Je suis choqué par la lecture de cet article tant sur le fond que sur le ton.

Ce texte subjectif et tendancieux ne se réfère d’ailleurs qu’à l’opinion de personnes ne partageant pas les thèses de Shafique Keshavjee. Ne présenter ce livre que par un trou de la lorgnette paraît fallacieux et certainement pas à la hauteur de ce que l’on attend de Réformés.

On a envie de dire:évidemment…

Tiens, aujourd’hui 4 avril 2019, article de 24 heures sur le livre, Qatar Papers: comment l’émirat finance l’islam en France et en Europe de Christian Chesnot et Georges Malbrunot….

Yves-Richard Demaurex

 

« L’islam conquérant ». Un lanceur d’alerte !
Étiqueté avec :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*