Prédication du pasteur Guy Chautems

Enracinez-vous en lui

Col.2.6-7

Lectures : Colossiens 1.12-20 & Colossiens 2.6-7

 

Ainsi, comme vous avez reçu Jésus-Christ, le Seigneur, vivez en lui ; enracinez-vous et construisez-vous en lui, affermissez-vous dans la foi, conformément à ce qui vous a été enseigné, et abondez en actions de grâces.

(Colossiens 2.6-7)

« Enracinez-vous en lui ! » Paul dans ces quelques lignes aborde la question de notre identité.

A première vue il avait l’air bien dans sa peau, ce jeune homme participant à une retraite paroissiale. Il avait entendu le message du matin où nous abordions la question de notre identité.  Comme tous les autres, il avait été invité – en silence – à faire un retour sur ses racines, sur ses origines en particulier familiales. Tout à coup, dans le silence, il s’est écrié en colère : « Mes racines, de la merde ! J’en ai marre ! Stop ! » Enfant de parents divorcés, d’un père mis en prison. Abandonné, transbahuté d’une famille vers une autre famille, d’un foyer vers un autre foyer, il ne voulait plus réfléchir à son histoire passée !

Frères et sœurs, sommes-nous à l’aise avec notre identité, familiale, conjugale, personnelle ? Sommes-nous fiers de nos parents, de nos grands- parents, de notre conjoint, de nos enfants ? Sommes-nous heureux d’être Suisse, ou Français, ou Allemand, ou encore d’un autre pays de cette planète ? Sommes-nous satisfait de notre scolarité, de nos apprentissages, du terreau de notre vie ? Car nos racines, celles qui nous donnent notre identité, plongent bien dans notre histoire avec ses beautés et ses misères, avec ses réussites et ses échecs !

L’apôtre Paul annonçant l’Evangile aux Colossiens a certainement rencontré de nombreuses personnes travaillées par leur identité, en recherche de leurs racines. Il a entendu l’histoire de ses paroissiens, il a pleuré avec les uns, il s’est réjoui avec les autres, mais à tous il a annoncé une bonne nouvelle, une extraordinaire nouvelle : votre vie est appelée à être transplantée dans un terreau exceptionnel… dans la vie même du Christ ! Son histoire deviendra votre histoire ! Ses racines deviendront vos racines !

 

La transplantation

Jésus est venu, il a pris corps d’homme, pour faire l’œuvre du Père : nous déraciner comme le jardinier déracine l’arbre afin de le transplanter dans une bonne terre. Voici comment Paul annonce cette bonne nouvelle ; il écrit :

 

 13Il nous a arrachés au pouvoir des ténèbres et nous a transférés dans le royaume du Fils de son amour ; 

14en lui nous sommes délivrés, nos péchés sont pardonnés (Col.1)

 

Cette transplantation, disons-le haut et fort, c’est Dieu qui l’opère !

Mais il ne le fera pas sans notre accord ! Notre volonté doit être mise en route. Nos petits-enfants nous ont demandé de raconter notre vie. Voici ce que Denise écrit au sujet de cette mise en route.

En 1956, Billy Graham vient à Genève pour une grande convention. C’est un événement extraordinaire, car à l’époque les évangélistes américains ne viennent que rarement chez nous. En outre il n’y a pas de TV, de DVD ou de cassettes, pas de séminaires et JEM est inconnu. Tout notre groupe de jeunes paroissiens part en bateau pour Genève ; de là direction Plainpalais. La salle est bondée.

Le message de Billy Graham est précis : « Etes-vous prêts à suivre Jésus, à donner votre vie pour lui ? » Puis il fait un appel. Pour moi c’est clair, je me lève d’un bond et je descends les gradins pour aller tout devant. C’est la première fois que j’ai l’occasion de prendre une telle décision. Je suis très émue, mais ce moment va changer ma vie.

 

Mettre notre volonté en action ce n’est pas l’affaire d’un jour ! Notre volonté doit être musclée ! Elle doit se mettre en route chaque jour. Car les tempêtes ne manquent pas. « Enracinez-vous en Christ ! » Dans son message, adressé aux Colossiens, l’apôtre leur fait clairement entendre que cette transplantation doit être maintenue, contre vents et marée. Enracinez-vous ! Quand un ouragan survient, prenez une décision : plantez vos racines, encore plus profond, dans la vie même du Christ !

 

J’aimerais en souligner l’importance !

Après le décès de ma maman en 1968, avec Denise, j’ai continué de visiter régulièrement mon père malgré le fait qu’il était souvent agressif dans ses propos et qu’il ne s’intéressait nullement à ce que nous faisions. Notre foi le dérangeait !  Deux ans avant sa mort, contrarié par je ne sais quoi, mon père s’écria: « De toute manière tu n’es pas mon fils ! » Bousculé, stupéfait, fâché aussi je me suis écrié :

– Alors de qui suis-je le fils ?

– D’un tel, qui a fréquenté ta maman !

– Es-tu sûr de ce que tu dis ?

Il se tait ! Je m’écrie alors :

– Nous allons faire une recherche ADN !

– Cela ne sert à rien, de toute manière c’est trop cher, me répond-il !

 

Pendant quelques jours je suis bouleversé ! Je m’interroge sur mes racines, sur mon identité ! Et petit à petit la paix revient, je n’ai pas besoin de faire des recherches ADN, je n’ai plus besoin de me questionner. J’ai été arraché au pouvoir des ténèbres et j’ai été transplanté dans un nouveau terreau, dans une nouvelle histoire ! Je dois veiller à ne pas mettre mes racines dans une autre terre, chahutée, pleine de ronces et de pierres !

 

Demeurer enraciné

Comment demeurer enraciné ? Car les plus grands arbres ne sont pas à l’abri des ouragans ?

Je suis enraciné, comme Denise, depuis le jour où j’ai accueilli Jésus, mais je continue de m’enraciner en parlant de LUI, en racontant son histoire qui est mon histoire, et quelle belle histoire ! C’est ce que Paul nous invite à faire pour tenir bon face aux tempêtes :

 

Ainsi, comme vous avez reçu Jésus-Christ, le Seigneur, vivez en lui ; enracinez-vous et construisez-vous en lui, affermissez-vous dans la foi, conformément à ce qui vous a été enseigné, et abondez en actions de grâces. (Colossiens 2.6-7)

 

« Abondez en actions de grâces ! »

C’est toujours une belle histoire que celle du jour où nous nous avons reçu le Christ. C’est toujours une belle histoire que celle qui a ouvert notre cœur au Seigneur. L’enseignement entendu au départ, il nous faut le reprendre, le vivre… il nous conduira toujours à rendre grâces.

 

Enracinez-vous en LUI, c’est une invitation à ne pas laisser passer une journée sans évoquer cette transplantation extraordinaire, sans en être fier… C’est une invitation à pousser de nouveaux bourgeons, à mettre de nouvelles fleurs, à porter de nouveaux fruits.

Je suis fier de mon identité, je la préfère à celle des plus grandes familles de France formée des portraits prestigieux de tous les Louis et des Charles, aussi téméraires fussent-ils ! Vous vous rendez compte : Nous avons comme frères et sœurs tous les saints de la Bible : Noé, Abraham, David, Jérémie, Esaïe, Zacharie, Paul, Matthieu, Luc, Jean, Marc et tous les autres… et encore ceux qui suivent : Saint Augustin, Calvin, Luther, mère Térésa… Voilà pourquoi, comme le dit Paul aux Colossiens : « avec joie nous pouvons rendre grâce au Père qui nous donne de partager l’héritage des saints dans la lumière » (Col.1.12). Certains diront peut-être : « C’est quoi cet héritage ? » C’est la certitude que tout ce qui est à Christ nous appartient !

Dans la galerie de nos mémoires, vous saisissez bien : dans la galerie de nos mémoires, là accrochons avec joie les portraits de tous ces saints… en reconnaissant qu’ils étaient des hommes comme nous mais que Dieu a honoré leur foi.  Quel héritage et quelles racines…

 

Voilà ce que Paul nous invite à faire afin de tenir bon dans les difficultés.

 

J’ai entendu un jour quelqu’un faire le plus beau compliment qui soit à une maman qui avait adopté une petite-fille : « Comme elle vous ressemble ! » s’exclamait cette personne qui ne savait rien de l’adoption !

« L’héritage des saints… » :  il y a ceux qui ont longuement fréquenté Paul, ou Luc, ou saint Augustin… et qui pensent comme Paul, qui agissent comme Luc, qui s’expriment comme saint Augustin … à tel point que l’on dira de tel penseur : « Oh ! c’est un Augustinien… » ou encore plus couramment c’est un thomiste, un disciple de saint Thomas … mais quand on dit de toi : C’est un chrétien, une chrétienne – c’est notre nom de famille  ne l’oublions pas –

c’est parce que tu participes à l’héritage extraordinaire que Jésus t’a fait en te transplantant dans  le terreau, dans la famille des saints…dont il est le chef. Tu penses comme le Christ, tu vis comme le Christ.

 

Conclusions
Premièrement : transplanté dans la vie, dans l’histoire, dans la famille de Jésus, le Père et le Fils et le Saint-Esprit, je veux porter toutes mes racines vers sa vie. Je veux dire ma fierté d’appartenir à cette nouvelle famille. Et surtout, avant tout, je veux être fier de Jésus, fier du Père, fier du Saint-Esprit, fier des apôtres et des prophètes de tous les siècles.

 

Deuxièmement : Parce que ce n’est pas nous qui opérons la transplantation de notre terreau d’origine dans celui du Royaume appartenant au Christ, parce que c’est une œuvre que Dieu accomplit à l’heure où nous disons oui à Jésus, oui à sa mort pour le pardon de nos péchés, oui à l’action de son Esprit pour nous faire naître à une vie nouvelle. Parce que c’est une œuvre extraordinaire qui nous assure le salut, si quelqu’un n’avait jamais vécu cette transplantation ici ce matin, qu’il redise après moi cette prière :

 

« Seigneur je reconnais que sur le terrain de mon histoire j’ai souvent porté de mauvais fruits, parfois par ignorance, parfois en toute connaissance de cause. J’accepte que tu m’arraches à ce terreau, j’accepte que tu purifies mes racines, j’accepte que tu me transplantes dans ton histoire et dans ta vie. Et je crois que maintenant c’est toi qui le fais.  Amen. »

 

Questions :

1.- Sommes-nous à l’aise avec notre identité, familiale, conjugale, personnelle ? Sommes-nous fiers de nos parents, de nos grands-parents, de notre conjoint, de nos enfants ? Sommes-nous heureux d’être Suisse, ou Français, ou Allemand, ou encore d’un autre pays de cette planète ? Sommes-nous satisfait de notre scolarité, de nos apprentissages, du terreau de notre vie ?

2.- C’est Dieu qui nous transplante, mais il ne le fait pas sans notre volonté !

Avons-nous vécu cette transplantation ? Comment cela s’est-il passé ?

Avons-nous conscience d’avoir l’ADN du Christ ?

3.- Quelle place la reconnaissance d’appartenir au Christ prend-elle dans nos vies ?  Manifestons-nous cette reconnaissance chaque jour ? Comment le faites-vous ?

4.- « L’héritage des saints… » :  Tout ce qui est à Christ nous appartient !  Avez-vous conscience d’être héritier ? De quelle partie de cet héritage jouissez-vous ? De quelle partie de cet héritage ne jouissez-vous pas encore ? Pourquoi ?

 

Guy Chautems,  Le Mont 13 août 2017

Enracinez-vous en Lui !
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